Datacenter : A quand une infrastructure 100% africaine?

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Lancement de la nouvelle association Africa Data center Association (ADCA) visant à relancer l’économie numérique africaine et à mettre en place une infrastructure de Datacenter africaine.

L’Afrique sera sans doute le moteur futur de croissance de toute la planète. Une évidence qui explique l’intérêt que lui portent de plus en plus les pays développés. Toutefois, malgré ce fort potentiel de croissance, ses ressources naturelles, son capital immatériel…, le continent continue de souffrir de plusieurs maux et de dépendre d’autres continents pour garantir son développement. Parmi les secteurs où l’Afrique accuse un grand retard, celui de la Data. Assurément, le trafic internet des Africains traverse le continent avant de revenir en Afrique. Et pourtant le continent a tous les éléments pour développer ses propres infrastructures et ne plus dépendre d’autres continents comme c’est le cas aujourd’hui. C’est d’ailleurs le sujet débattu lors du premier sommet « Datacloud Africa Leadership » organisé par BroadGroup le 28 septembre à Marrakech. Un événement en marge duquel a été lancée la nouvelle association Africa Data center Association (ADCA). Le mot d’ordre des 30 membres de cette association, relancer l’économie numérique africaine. Il a été question lors des différentes conférences de montrer l’enjeu du Datacenter, du cloud ainsi que des périphériques de stockage de data.

« Nous sommes ravis de contribuer au développement de l’informatique en Afrique, à l’expansion des réseaux sur le continent, mais également à la création et à l’exploitation de pôles au sein de l’économie numérique africaine », a déclaré Philip Low, président de BroadGroup.

Et d’ajouter que « l’infrastructure liée au développement des réseaux de fibre optique s’avérera bientôt  extraordinairement critique, étant donné l’augmentation massive de la bande passante internationale, mais également le rythme actuel d’externalisation des entreprises et l’accroissement du nombre de systèmes dits de peering. Nous sommes persuadés que l’existence d’une association solide est essentielle pour soutenir l’ensemble des développements qui s’accompliront sur ce terrain».

Il ressort des différentes interventions que l’économie numérique est sans doute l’un des piliers du développement économique en Afrique. C’est pourquoi il est impératif de mettre en place une infrastructure informatique africaine destinée aux besoins et aux spécificités des Africains. Le développement de l’industrie des Datacenter est également une question de souveraineté d’un pays.

C’est d’ailleurs dans cette optique que l’ADCA a été créée sous l’initiative de Schneider Electric et quelques leaders de l’industrie des datacenters. Cette association professionnelle panafricaine à but non lucratif s’est engagée à développer l’industrie des Datacenters en Afrique.

Pour Schneider Electric qui met au service sa technologie et ses solutions destinées aux Datacenters, le défi digital du continent est une priorité. Une priorité qui s’est traduite par une réorganisation du groupe dont le siège de la région (Maghreb, Afrique subsaharienne, les Caraïbes, l’Océan indien…) est désormais au Maroc et plus précisément à Casablanca.

« L’objectif de Schneider Electric est de faire du Maroc un hub régional. Le président de la région ainsi que les 4 business units sont basés à Casablanca. Il y a vraiment une forte volonté de créer cet hub », a souligné Mouna Esayer la nouvelle Vice-présidente de la division IT chez Scheneider de la région.

En marge de cet événement, un nouveau président de l’ADCA lors du lancement de Datacloud Summit. Il s’agit de Fatoumata Sarr Dieng de Sonatel qui a déclaré : «Toutes les entreprises peuvent désormais rejoindre notre association. Nos 60 membres et partenaires actuels opèrent un peu partout en Afrique. Notre nouvelle association a trois objectifs majeurs. Tout d’abord, nous allons travailler à rassembler tous les atouts que possède le continent afin de réussir à mieux conserver nos données en Afrique. Notre second objectif consiste à pouvoir éliminer les différents problèmes liés au temps de latence et à la connectivité, et dont nous continuons toujours autant à souffrir en Afrique. Enfin, nous aspirons à devenir un acteur majeur de la nouvelle économie numérique».

Lamiae Boumahrou



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