Mariame Dembele Association DONIA: « les réseaux sociaux tuent les rapports humains »

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  • Mariame Dembele en un mot

Bonjour aux lecteurs de Publi Tech Echo et merci de m’accorder cet interview. Je m’appelle Mariame Dembele, j’ai 32 ans, j’ai fais un BTS en management. J’ai travaillé dans la restauration pendant 10 ans et viens tout juste de mettre un terme à ma carrière de direction dans le domaine du luxe. Aujourd’hui je me consacre à l’Association Donia dont je suis la présidente.

  • Comment est née cette association à visée humanitaire de la France vers le Mali?

Notre association est née d’un premier voyage en Afrique, je voulais découvrir mes origines et fouler le sol des souvenirs d’enfance de mes parents. J’étais en quête d’identité, je voulais me rapprocher d’une autre vision du monde.  Arrivée au Mali, mon quotidien était surtout de m’amuser avec les enfants du quartier et d’accompagner mes neveux à  l’école. J’ai fais un rapide constat, les enfants de cette école n’étudiaient pas dans les meilleurs conditions (peu de fournitures scolaires, pas de manuels, des sacs quasi vides). Cela peut vous paraître «dans la normalité» mais cette image de l’Afrique venait chambouler mon esprit. Lorsque des inégalités aussi flagrantes vous frappent vous ne pouvez pas en tant qu’être humain faire comme si de rien n’était. Retourner à votre vie confortable en Europe.

De retour en France nous avons donc entrepris de parrainer cette école, d’avancer avec eux, main dans la main.

Nous avons 2 objectifs: Le premier : offrir un kit scolaire aux enfants (les dons doivent être neufs  et achetés en France pour que les donateurs fassent un achat conscient). Le second : leur offrir un manuel scolaire que nous achèterions auprès du libraire du quartier afin de faire tourner l’économie locale (je refuse de passer par un grossiste)

Je suis idéaliste, je pense naïvement que toutes nos actions doivent être bénéfiques et aider les gens au sens large.

  • Quelles sont vos plus importantes réalisations à ce jour ?

Je ne sais pas, vous savez lorsque vous voyez de près ou de loin le sourire d’un enfant vous ressentez l’importance de votre acte. Donc non il n’y à pour moi pas de hiérarchisation des actions. On avance comme je le dis toujours, en étroite collaboration avec la directrice de l’école Ahmadou Ly. Nous ajustons nos actions en fonctions de leurs besoins.

  • La technologie rapproche les communautés, comment est-ce que la communication sur le net vous aide t-elle à porter votre combat ?

En effet, elle nous permet de lancer un message, de le diffuser à la communauté au sens large de sa signification. Je dois vous avouer que le net est devenu un outil indispensable pour une diffusion rapide du message. Lorsque nous avons lancé notre campagne de financement cette technologie nous a été bien utile. En revanche les réseaux sociaux tuent les rapports humains c’est une évidence. Prenez l’exemple des directs lors d’événements, les gens ne se déplacent plus car ils se disent «je verrai le direct ou sa rediffusion». Comme pour un concert ou un meeting, on préférera rester au chaud chez soi plutôt que de sortir. Attention aux réseaux dits «sociaux» qui font disparaître le lien social.

  • Quels sont les différents canaux de communication digitale que vous utilisez?

Nous utilisons Facebook pour les partages et les évènements ;  Instagram pour les images et le peu de publicités; Tweeter pour le rapport simple avec les institutions et Tumblr juste comme ça.  Les réseaux sociaux sont un plus pour aider au référencement de l’association. Avant lorsque l’on tapait «association Donia» sur le web on tombait sur toute autre chose. Aujourd’hui, grâce au hashtag #associationdonia on tombe directement sur nous. Ce qui est plutôt cool !

  • Avez-vous choisi d’intégrer les blogueurs influents d’Afrique pour booster votre action sur le net ?

Nous sommes toujours partants et ravis de participer à des enquêtes ou répondre à des interviews. Les choisir? Si ce pouvoir nous était accordé nous les choisirions tous mais nous n’avons ni leur connaissance ni leur contact. Ce serait un honneur de pouvoir parler de  nos actions auprès de la blogosphère africaine. Comment travailler en Afrique sans se rapprocher de ceux qui sont au cœur de l’action?  Donnez-nous les coordonnées des blogueurs influents et c’est avec plaisir que nous les contacterons.

  • Récemment vous aviez eu une parution dans Vox Africa à travers l’émission @ActuNet cela a-t-elle été utile pour votre association ?

Tout à fait ! Oui vu que vous nous offrez la possibilité de parler de nos actions (rires). Comme dit le proverbe « C’est l’homme qui fait l’homme ». Le concours Sunu start up nous a également permis de tester notre force de mobilisation. En une demi journée nous avons réussi à obtenir les 100 votes (même plus) nécessaires pour obtenir la victoire. Ce fût un succès d’estime, un vote d’adhésion de la part de nos soutiens. J’en parlais tout récemment à Alidiatou Camara, la présidente de l’association Femmes d’Afrique, femmes d’avenir; en matière de communication, l’important est de diffuser son message partout. Si nous arrivons à toucher le cœur d’une seule personne, ce sera un combat de gagné. Qui sait, cette personne s’engagera t-elle dans une action humanitaire elle aussi. On à le droit de rêver, non ? (rires)

  • Quel est le degré d’implication des autorités maliennes dans votre action ?

Nous ne les avons pas sollicités. Le moment viendra. Pour l’instant  nous avançons entre nous, en petit comité. Vous savez, cette association c’est un peu comme mon dernier enfant, laissez le grandir sans stress…

  • Quel est votre message à l’endroit de la communauté africaine en France ?

Ce que je dis souvent aux gens que j’ai le plaisir de rencontrer est d’aller visiter leur pays d’origine, de sortir de leur zone de confort, de rencontrer d’autres personnes, de faire ce qu’ils aiment en se sentant accompli. Le monde est vaste, le monde est grand. Il y à une phrase que je garde en mémoire, la phrase que je ne veux pas que l’on prononce, la phrase des regrets « Si j’avais osé, j’aurai réalisé ce rêve… »

Je félicite et encourage les actions solidaires. Les associations Cris des mères, Boboto Land, partage fillah, Nouvelle optique, Bani street et femmes d’Afrique, femmes d’avenir d’Alidiatou Camara.

  • Quelles sont vos perspectives dans le long terme ?

Nous avons des projets mais nous préférons les garder au chaud.  Restez proche de nous et vous saurez. #VousNêtesPasPrêts comme je dis souvent. Je tiens à remercier la rédaction Publi Tech Echo d’avoir pris contact avec nous. Je vous souhaite au nom de toute notre équipe une réussite dans vos projets. Je salue les ambassadeurs de l’association en France et en Afrique (Yassa Traore, Mariam Wague, Mariam Dagnoko, Matou Keita, Christelle N’Golyo, Matou Keita, Nelly Boghu et Ibrahim Camara). Je remercie nos bénévoles, l’équipe enseignante de l’école Ahmadou Ly et tous les enfants.



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One thought on “Mariame Dembele Association DONIA: « les réseaux sociaux tuent les rapports humains »

  1. Mariame

    Merci beaucoup Cheikh Bamba N’Dao pour cet entretien. Je suis très honorée d’avoir pu parler de nos actions. Je suis doublement honorée car je vois que je suis entourée d’acteurs influents de la communauté africaine ! Merci. Je vous souhaite une belle réussite.
    Mariame

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