Paola Audrey: « l’Afrique a un vrai retard en matière de contenu local »

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« Nous sommes plus fortes que nous le pensons. Bien plus. » Féministe, Paola Audrey Ndengue ?  En cette journée internationale de la Femme du 08 mars, le propos est de circonstance mais pour ce qui concerne cette jeune Française d’origine camerounaise âgée de 28 ans, il est à nuancer.

Entrepreneure, fondatrice de l’agence Pannelle & Co, agence de conseil en communication et marketing, notamment digital, elle sait pouvoir compter d’abord sur ses propres ressources. Il en faut pour proposer ou implémenter des stratégies, en matière de Relations Presse/Publiques, communication d’influence, création de contenu ou communication digitale, en direction d’une clientèle souvent exigeante.

L’idée de cette agence lui est venue d’une première expérience avec son premier projet entrepreneurial, FASHIZBLACK, dont elle est à la co-fondatrice et en charge de tout le contenu. C’est dire que cette jeune entrepreneure a appris très vite, à prendre des risques…calculés. Par atavisme ou plutôt par sa formation commencée en classe préparatoire Littéraire, licence en Littérature moderne et Sciences du langage, le tout couronné par un Master en Marketing Stratégique. Hum, vous avez dit stratégie !

Tout semble venir à l’heure pour Paola, qui aujourd’hui, est entièrement absorbée par un challenge de taille : la gestion des Relations Publiques et de l’image de la marketplace française, Afrikrea à elle confiée, il y a peu. « J’ai à charge notamment de superviser la production de leur premier spot télévisé, et je m’applique à ce que cette campagne soit réussie, c’est mon objectif à court terme. »

La tête sur les épaules et de la suite dans les idées, Paola ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et souhaite à moyen et long terme, continuer à accélérer le développement de sa newsletter hebdomadaire sur l’Afrique (Africa Digest). « J’ai franchi le millier d’abonnés qui reçoivent ma sélection et mes commentaires sur l’actualité Lifestyle africaine chaque semaine. Mon prochain objectif, ce sont les 5000 abonnés. J’ai également à cœur de continuer à créer du contenu, accompagner le développement de l’agence PANNELLE, et continuer également à superviser le déploiement du store en ligne de Fashizblack », confesse-t-elle.

Et l’ambitieuse a d’autres projets sous le manteau -Chut ! Gardons tout cela secret-, même si elle consent à lâcher qu’en somme, son ambition est de continuer la diversification et consolidation de ses activités.

Forte de ses racines africaines, le continent n’est jamais loin dans son discours. De son œil expert, elle évalue de la blogosphère africaine : « Elle est large, je vais donc me garder de faire des généralités. Ceci dit, mon observation personnelle est qu’elle tend à se structurer mais il ne faudrait pas non plus perdre en spontanéité/authenticité. C’est souvent le challenge, il faut trouver l’équilibre ».

Visiblement, le sujet lui tenant à cœur, elle poursuit : « de l’autre côté, je trouve également – surtout côté francophone – que ça manque de diversité dans les sujets/thématiques. On retrouve assez souvent les mêmes sujets, de la reprise de contenu ou des articles très succincts. Sans parler de l’absence de régularité dans les posts – un élément décisif quand on blogue.

En dehors de ces problèmes, mon avis est globalement positif, en espérant que les choses aillent plus vite, l’Afrique a un vrai retard en matière de contenu local syndiqué sur les principaux moteurs de recherche (surtout au niveau des images/ photos/ vidéos) ».

Généreuse, Paola n’est pas avare de conseils pour ses frères et sœurs du continent, en recommandant « aux jeunes de se saisir de cette opportunité d’avoir accès à une source aussi grande d’informations pour se divertir mais aussi, se perfectionner, en apprendre mieux sur le monde, sur leurs sujets de prédilection, sur le champ des possibles qu’il leur ait accessible. En somme, un usage un peu plus rationnel d’internet. Surtout au vu ce que ça coûte d’avoir accès à internet, il y a tout intérêt à en faire quelque chose de productif ».

Droite dans ses bottes, le genre n’étant pas forcément sa tasse de thé, elle se positionne en entrepreneure, un point, un trait et elle le dit haut et fort: « Je ne pense pas que la technologie ait un genre, elle est embrassée par les femmes de la même manière qu’elle l’est par les hommes. Aux femmes, je leur dirai de ne pas penser à leur genre en priorité quand elles décident d’entreprendre.

Aux entrepreneurs tous genres confondus, je leur conseillerai d’être réaliste. C’est un tue-l’amour, surtout quand on s’appuie sur ses rêves et espoirs pour faire avancer son entreprise… mais il est impératif d’être à l’écoute de son marché, accepter que celui-ci n’est pas toujours prêt pour toutes les innovations qu’on souhaite lui proposer (et que ce n’est pas forcément définitif)».

Intarissable sur le sujet, elle souligne fort justement : « par ailleurs, je dirais également de ne pas laisser un moment d’erreur ou d’échec vous définir pour le reste de votre vie entrepreneuriale ».

C’est que même si elle a pris une certaine distance avec l’usage quotidien des réseaux sociaux – pas plus de 30 mn Facebook par jour, Paola garde un œil attentif sur l’évolution du digital en général et en Afrique en particulier, en sortant – encore !, une vérité dont elle a le secret: « Je fais partie de ceux qui ont un regard optimiste sur l’apport de la tech’ en Afrique, tout en restant très réaliste sur le fait que la technologie à elle seule, ne règlera pas les problèmes de chômage, d’éducation ou de santé publique ».

C’est à se demander où Paola trouve le temps de réfléchir sur toutes ces thématiques entre deux voyages, un livre et une dégustation de petit plats entre potes !

Cheikh Bamba Ndao



Média d'information sur l'actualité technologique et Digitale au Sénégal et en Afrique.


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