Une nouvelle publication qui démystifie les technologies d’identification numérique

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Alors que plus de 1,1 milliard d’individus dans le monde ne possèdent pas de document officiel d’identité, on assiste aujourd’hui à la maturation rapide d’un grand nombre de technologies qui, du fait de leur coût de plus en plus abordable, pourraient permettre aux pays de sauter l’étape des « papiers » d’identité pour accéder directement à l’ère du numérique. Mais cette profusion de solutions technologiques n’est pas sans inconvénient : il devient difficile de rester au fait de l’évolution des diverses technologies disponibles. C’est pourquoi le Groupe de la Banque mondiale, via son initiative Identification for Development (ID4D) (a), vient de publier un nouveau rapport (a) offrant un panorama des tendances actuelles et émergentes en matière d’identité numérique.

L’enjeu du recours à des technologies appropriées, en fonction de la situation de chaque pays — pour certains, il s’agira d’améliorer des systèmes d’identification existants, pour d’autres, de créer de nouveaux services à partir de zéro — est de développer massivement les moyens d’enregistrement et de vérification de l’identité afin d’intégrer le milliard de personnes qui en sont encore privées. Ces choix technologiques peuvent aussi permettre de mettre en place des systèmes d’identification qui serviront de base à des services essentiels pour les populations les plus pauvres et vulnérables, notamment dans les domaines de l’inclusion financière, de la santé et de la protection sociale. Mais le rapport Technology Landscape for Digital Identification nous rappelle aussi que ces choix doivent s’effectuer en prenant en considération d’autres facteurs et en prévoyant des mesures qui permettent de se prémunir contre un certain nombre de risques. Il convient notamment de garantir la protection des données et des renseignements personnels, ainsi que les principes de standard ouvert (a), de compatibilité et d’interchangeabilité, tout en tenant compte du contexte culturel, de la faisabilité économique et des contraintes d’infrastructure.

Face au foisonnement d’informations disponibles, le nouveau rapport de l’ID4D dresse un tableau synthétique des technologies d’identification numérique bien établies ou émergentes, pour permettre au lecteur de mieux comprendre leurs modalités de fonctionnement et d’identifier les choix les plus appropriés à chaque stade du processus. Les auteurs présentent aussi les principales difficultés que chaque technologie est en mesure ou non de résoudre, et les tendances essentielles à connaître.

© Rapport : Technology Landscape for Digital Identification

Le rapport propose un cadre d’évaluation des technologies disponibles reposant sur plusieurs critères, dont notamment la durée d’existence de chaque solution, sa facilité d’intégration avec les systèmes existants et à venir, et son interopérabilité avec les autres technologies, le tout présenté avec clarté dans des schémas récapitulatifs.

Par exemple, les systèmes de reconnaissance d’empreintes digitales sont déjà largement adoptés, tandis que d’autres technologies en sont encore au stade de l’expérimentation ; c’est le cas de la reconnaissance d’empreintes sans contact, de la reconnaissance biométrique pour les nourrissons ou encore des systèmes de gestion de l’identité numérique basés sur la technologie blockchain.

Le rapport souligne notamment la baisse du prix des smartphones avec capteurs biométriques (–27 % à l’échelle mondiale entre 2010 et 2017). Et, sachant que le nombre de téléphones à reconnaissance digitale devrait atteindre 4,8 milliards en 2020, les auteurs tablent sur l’importance grandissante des technologies d’identification et d’authentification mobiles, en particulier dans les pays en développement. 

Quelle que soit la technologie utilisée, il importe avant tout que les systèmes d’identification numérique soient robustes, inclusifs et interopérables, de sorte qu’ils permettent au milliard de personnes encore privées de document officiel d’identité d’accéder à des prestations aussi essentielles que les services financiers, les soins et l’éducation — comme l’a bien montré la campagne #EveryID has a Story . Il est par conséquent essentiel que les États adhèrent aux « principes généraux de l’identification et du développement durable » (a) ; ces principes, approuvés par 23 organisations, visent à maximiser les effets bénéfiques des systèmes d’identification tout en atténuant les risques qui y sont associés.

LUDA BUJOREANU



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